Urbanisme & aménagement

FAQ – La loi Zéro Artificialisation Nette (ZAN) et ses implications pour les propriétaires

25/11/2025

Chloé DAGUERRE-GUILLEN

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1. Quelle est la portée juridique de la loi ZAN en 2025 ?

La loi ZAN, issue de la loi Climat et Résilience (août 2021) et précisée par une circulaire ministérielle validée par le Conseil d’État en juillet 2025, fixe un objectif national juridiquement contraignant de neutralité nette de l’artificialisation des sols à l’horizon 2050, avec une trajectoire régionale flexible mais encadrée par les schémas régionaux d’aménagement (Sraddet).

2. La déclinaison territoriale est-elle obligatoire ?

La déclinaison des objectifs ZAN dans les fascicules des Sraddet est désormais facultative, ce qui laisse une marge d’appréciation aux régions dans la fixation de leurs trajectoires. Toutefois, les documents locaux d’urbanisme (PLU(i), SCoT) doivent assurer la compatibilité et prendre en compte ces objectifs, notamment au travers de règles contraignantes d’urbanisme.

3. Quels documents fixent les règles applicables à la consommation des sols ?

Les Sraddet définissent les grandes orientations. Les SCoT et PLU(i) doivent intégrer ces directives en matière de réduction de la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers (ENAF). En cas d’incompatibilité, le PLU peut être suspendu ou annulé, avec interdiction de délivrer des permis dans les zones non conformes, jusqu’à mise en conformité du document.

4. Quelles sont les sanctions en cas de non-respect ?

Les communes ou intercommunalités ne respectant pas l’intégration des objectifs ZAN s’exposent à des sanctions lourdes : suspension voire interdiction de création de nouvelles zones à urbaniser, blocage des autorisations d’urbanisme (permis de construire, déclarations préalables), menace sur le développement territorial et économique local.

5. Comment la loi ZAN affecte-t-elle directement les propriétaires fonciers ?

Les propriétaires sont susceptibles de voir leurs droits d’usage et de constructibilité restreints, notamment sur les espaces non artificialisés. Les règles d’urbanisme applicables aux parcelles sont renforcées, limitant les possibilités de développement sans compensation écologique stricte, ce qui peut affecter la valeur et la destination des terrains.

6. Quelles mesures doivent être prises avant toute nouvelle artificialisation ?

Avant de procéder à toute consommation d’espace naturel, il faut impérativement appliquer la séquence « éviter, réduire, compenser » (ERC) : chercher à ne pas consommer les sols, limiter l’impact en cas d’impossibilité, et compenser impérativement toute perte résiduelle d’espaces naturels ou agricoles.

7. Quelles évolutions récentes peuvent faciliter certains projets ?

La proposition de loi TRACE adoptée en 2025 allège certains objectifs intermédiaires et introduit des marges de dépassement des enveloppes ZAN (20% voire 30% avec accord préfectoral), ainsi que des exonérations temporaires pour projets industriels ou sociaux, offrant plus de souplesse tout en maintenant l’objectif final de neutralité nette.

8. Quel impact sur les documents d’urbanisme en cours de révision ?

Tous les PLU(i), SCoT et autres documents doivent être mis à jour pour intégrer les objectifs ZAN sous peine de suspension des procédures et blocage des autorisations. Les communes ont donc un impératif légal de conformité rapide, sinon leurs documents et permis seront juridiquement vulnérables.

9. Quels recours les propriétaires peuvent-ils exercer ?

En cas de refus de permis motivé par les règles ZAN ou en cas de restriction excessive de leur droit, les propriétaires peuvent engager des recours administratifs et contentieux devant les tribunaux administratifs, en invoquant notamment la conformité à la hiérarchie des normes, le respect du droit de propriété et la proportionnalité des restrictions.

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Chloé DAGUERRE-GUILLEN